Chateau Chalon,
                        terre de mes aïeux


                           

Château Chalon

Terre de mes ancêtres, cité moyenâgeuse,

J’ai flâné dans tes rues, curieusement désertes,

L’après-midi d’automne qui embaumait encore

Des récentes vendanges et des raisins pressés.

Un soleil radieux illuminait l’azur

Mais ne parvenait pas à dissiper mon trouble.


Chaque mur, chaque pierre éveillait la présence

De ceux que je cherchais, ayant vécu ici.

Les couleurs flamboyantes aux multiples reflets,

Cadeau d’un paysage nulle part égalé,

Embuait mon cœur lourd plutôt que l’apaiser.

Je suis venue m’asseoir, sur ce banc, solitaire,

Et j’ai fermé les yeux voilés par l’émotion,

Cherchant dans ma mémoire, un visage, un parent…


Un souffle auprès de moi… Quoi ? Je n’étais plus seule ?

Une voix grave et douce me parlait d’autrefois :

Des travaux dans les champs, dans la vigne et les bois,

De gamins en sabots près des bœufs rassurant

De leur docilité et leur force tranquille,

Du labeur quotidien, de la vie simple et rude,


Et des journées de chasse, les chiens batifolant

A travers la forêt ou flairant une bécasse,

Des filles le dimanche, en balade après vêpres

Et de garçons charmants les suivant à la trace…

Et de ce vin doré, à nul autre pareil,

Qui réchauffe le cœur et garde l’amitié…

Dans un buisson tout proche, la mésange a chanté.

Le soir était tombé, près de moi, plus personne,

Seulement ce bel arbre aux branches tourmentées,

Mais qui me semblait dire : « Allez redresse-toi,

Et repars vers ce monde qui aujourd’hui t’attend,

Sache rester debout en toute circonstance,

Tends la main à celui qui mendie ta confiance ;

Tes aïeux sont ici, tes racines aussi.

Reviens auprès de moi dès que tu le pourras… »

J’ai caressé la branche à portée de ma main,

Et je m’en suis allée, confiante et apaisée…

 

 

 

 

Les photos sont celles de l'auteur


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