Bonjour Monsieur

   Je ne relancerai pas la polémique sur les sites internet, mais je vous trouve un peu osé de rentrer chez les gens et d'arracher le portrait des figures qui vous déplaisent.
 

   Je voudrais juste vous demander si vous avez conscience de ce que vous êtes ici à Château Chalon, et de ce que vous êtes ici sur terre? Le pays ne vous appartient pas, Château Chalon n'est pas à vous, pas plus qu'à moi d'ailleurs, la terre n'a pas de frontières, pour vous si , puisqu'il y a la loi, et il est loin le temps où le portugais bleu s'installait à la table de nos parents.

   Vous arrivez ici et pensez que sans vous le pays serait triste, ou finirait par mourir, nenni ma foi, j'y vis depuis plus de soixante ans, mais c'est vrai que la mentalité a bien changé. Il est fini le temps où tout le monde vivait ensemble, où les gens s'aidaient, même entre deux engueulades... ils s'aidaient... ensemble ils mettaient leurs forces pour survivre. 

   En ce début de 21ème, ce n'est plus pour les autres que vous vivez, mais uniquement pour vous, et si c'était possible, vous vous mettriez en clavelin, pour encore paraître le meilleur, souvenez vous aussi que souvent en vieillissant le vin se bonifie, j'espère qu'il en sera de même pour vous.

Avez vous songé un jour, que dans un temps très proche de celui où vous avez atterri, que d'autres ont aussi aimé et choyé Château Chalon, c'était l'époque de l'amour, l'époque où on aimait son pays comme on aimait ses parents, ce n'était pas un mur que l'on élevait au dessus du vignoble pour y coller son effigie, mais l'époque où les culs-terreux marchaient au rythme du soleil, et traînant leurs sabots derrière la braban et ne laissait pas de place au temps ...............pour de simples broutilles, ( j'en sais quelque chose) le vigneron avait assez à faire à croiser bigot et pierres à feu, le nez dans l'enfariné, et faisait cohabiter gueuche et foirard, avec échalas. C'était l'époque où l'on pouvait voir paletot et cote de cheval affublé de casquette ou béret rendre visite au meunier et teinturier, seibel n'était non plus laissé de côté.

C'était l'époque où le règlement s'appelait Savoir-faire et où la loi s’appelait Nature , la justice s'appelait Conscience c'est celles que je respecte le plus avec celles de Marianne (la République) 

Et si vous en avez le temps, allez écouter les personnes plus âgées que moi, il en ont des choses à vous dire, ce sont eux  les légitimes conservateurs du patrimoine dont vous avez hérité.

Quand à moi, pour votre information sachez que malgré toutes les médisances, dont certains sont friands, j'ai œuvré aussi à l'amélioration du site et cela sans gendarme et sans avocat.
   

    -Défrichage est nettoyage autour de la tour, cet endroit servait de dépotoir plus que de poubelles ménagère, les déchets des familles étaient partagés entre les chiens, les poules, les lapins et les cochons. C'était l'époque où j'étais équipé d'un matériel de TP et ai gratuitement et bénévolement remblayé et nivelé les abords de la tour, on allait même y passer la tondeuse par la suite, vous qui vous dites en pleine forme, le feriez vous aujourd'hui?

   
    -Défrichage de la route neuve.

    -J'ai servi pendant 18 ans les pompiers, j'ai du quitter pour raisons professionnelles.


    -Pendant 18 ans j'ai fait office de croque-mort j'ai aidé aux mises en bière et accompagné à leurs dernières demeures, la plupart de nos disparus à cette époque.

    -J'ai aussi participé aux "son et lumière".
 

    -Pendant les 18 ans aux pompiers, j' ai remplacé l'ancien chef de corps, et j ai même mis en place une manifestation qui nous a apporté aussi des milliers de visiteurs.
 

    -J'ai aussi été conseiller municipal , et de ce dont j'étais chargé, je m'en suis occupé, même qu'un certain chemin sur le plateau pourrait porter mon nom.
 

    Et je vous fais grâce de tous les services apportés, tant à la commune qu'aux particuliers.

    De tout cela je ne vous fais pas le détail, je suis fier de l'avoir fait, mais ne crois en aucun cas que sans moi rien n'aurait été possible, faites en seulement autant et ensuite venez me voir, Soit dit en passant, la santé me faisant défaut, je n'ai plus envie de me battre et j'aimerais finir ma vie tranquille, Fuir ce monde où la fierté fait place à l'orgueil (il n'y a qu'un pas) faites ce que vous voulez mais ne touchez plus à ce qui m'appartient, et laissez moi le peu de temps qu'il me reste à prier pour votre salut.

    Au crépuscule de ma vie, je défendrai toujours mon nom, c'est celui de mes parents et celui de mes enfants, même si vous me dites « Comtois rends toi »
Michel BOURDY

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